CR endurance trail des templiers

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    • #1744
      Paul de Laage
      • Nb réponses : 19

      Comme j’ai suggéré cette rubrique dans un de mes post et bien de l’inaugure. Attention au pavé à venir

      Le cap des 100km en course est validé, une nouvelle étape de franchi dans ma route vers l’UTMB (2024 ?)

      La préparation idéale n’existe pas mais en revanche la course peut l’être. Quand je regarde derrière moi, la préparation a démarré avec du retard sur ce que j’avais prévu. Je pouvais difficilement reprendre 15 jours après mon ultra de juillet compte tenu des vacances familiales et des quelques jours de marche prévu en fratrie. Je ne peux pas non plus sacrifier trop de moments en famille en dépit de la priorité que je mets sur mes objectifs. Néanmoins les quelques sorties que j’ai pu faire en Corse et la marche sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle aurait pu constituer une excellente base de reprise si une baisse de motivation pendant 15 jours à mon retour n’avait pas retardé une vraie reprise.

      Je n’ai finalement eu le temps que de faire deux cycles d’entrainement (3 semaines de travail et 1 semaine d’assimilation) que j’ai dû alléger de quelques longues séances de vélo car je sentais avoir reprise trop brutalement et que la fatigue accumulée aurait pu me conduire dans un état de fatigue durable. Une décision salutaire car j’ai pu suivre à la lettre le plan de mon deuxième cycle d’entrainement avec en points d’orgue le trail des Rois maudits (avec une certaine difficulté ressentie car fait avec la fatigue de la moitié du cycle dans les pattes) en  7h30 (objectif 8h modulo 1/2h) et un dernier weekend choc constitué d’une sortie de 5h avec une bonne dose de dénivelé (33km et 2200m de dénivelé) le samedi et d’une sortie de 3h plus roulante (30km et 800m d+) où j’étais dans un état de flow  (sentiment d’invincibilité, aucun ressenti de difficulté) malgré le trail du weekend précédent et de la semaine d’entrainement. Finalement au vu de cette fin de préparation assez costaude et avec les deux semaines et demi d’affutage à venir, l’objectif de 15 à 16h de course me paraissait à portée de pieds J.

      Malheureusement la poisse qui me poursuit ces derniers temps continue : je me tors la cheville dans une descente sur une séance de côte où j’étais particulièrement en forme et je choppe une petite crève de 5 jours. Chaussette de compression et petite séance de vélo pour gérer l’œdème et pouvoir courir 48h plus tard et malgré la crève, pas la décision la plus intelligente mais ça passe ou ça casse. On gèrera les bobos après la course pendant la coupure hivernale.

      Fort de ces péripétie et ayant la tête plutôt au travail, la fin de mon contrat de travail approchant pour la fin du mois d’octobre, je me suis moins impliqué mentalement dans cette course que je l’ai été pour mon ultra de juillet. Preuve en est, j’ai oublié d’imprimer et de plastifier mon roadbook pour la course, donc pas l’information sur les distances et dénivelés entre les différents points d’eau et ravitaillements ainsi que les temps de passage prévus.

      Cependant je suis mieux organisé qu’en juillet car j’ai pu poser deux jours de congés avant le jour de la course pour évacuer la fatigue du boulot et avoir le temps de faire le voyage et récupérer mon dossard en toute quiétude. Cette fois je fais le trajet en train et, même si la nuit en couchette n’est pas idéale, je suis suffisamment reposé pour ne pas avoir d’impact de fatigue sur ma performance comme en juillet.

      Je loge chez une charmante dame qui me permet d’utiliser son vélo  pour que je puisse aller retirer mon dossard, cela fera office d’échauffement pour le lendemain. Préparation du sac, de la tenue et de la nutrition après un rapide dîner et avoir rencontré les deux filles qui feront la même course que moi.

      Réveil 2h du matin pour petit déjeuner, départ 3h15 du logement,  les filles m’emmènent très gentiment. Je découvre à quelques minutes du départ que je suis dans la première vague, je rush donc pour manger une dernière banane, boire un coup, calibrer le gps de la montre et allumer ma frontale. La célèbre musique d’Era, « Ameno », retenti dans l’air signe que le départ est imminent. 4h nous voilà lancé au milieu des fumigènes rouges pour une balade de 106km et 4800d+. Je suis toujours un peu déconnecté mentalement de ce que je vais faire, je me lance dans la course sans me poser de questions.

      Nous commençons par un peu plus de 2km de route bitumée (vaut mieux maintenant que sur la fin) ce qui permet à la première vague de s’étirer. J’y vais tranquille, il ne s’agit pas de se griller en démarrant trop vite et en grillant des cartouches. Je trottine sur  les premiers faux-plats montant en ne m’alarmant pas de me faire doubler. La première grosse montée arrive, je me mets directement en mode marche et je double un peu de monde car je me suis bien entrainé sur ce genre de pourcentage dans les boucles de la Seine. Puis vient le moment de relancer sur le plateau, la foulée est légère et facile malgré un cardio un peu haut par rapport au ressenti de facilité. Descente longue et régulière sur La Cresse, premier point d’eau, où je prends juste le temps de boire un verre d’eau. Il n’est pas nécessaire de remplir les flasques car la température idéalement autour des 10°C. Passage en 1h38, je suis en avance de 42 minutes sur mes prévisions mais je n’ai pas l’impression d’être en surrégime.

      Nouvelle belle montée en passant à travers les ruines d’un vieux château, puis à nouveau une descente longue et régulière où il ne faut pas en faire de trop sous peine de casser trop de fibre musculaire pour arriver au Rozier, premier ravitaillement, où je prends le temps de recharger les flasques et de manger un peu de banane (c’est le plan pour tous les ravitos). Passage en 3h12, j’ai encore creusé mon avance de 6 minutes.

      C’est le contrat sur ce parcours, nouvelle montée juste après le ravito. Arrivé en haut, le jour s’est levé même si le soleil se fera attendre toute la matinée. Superbe partie du parcours sur le flanc des causses avec les fonds de vallée dans la brume. Le plaisir sera de courte durée, la descente sur le deuxième ravito au Truel est assez technique, pleine de cailloux et de racines, je pourrais descendre un peu plus vite mais le chemin est trop étroit pour doubler mais cela me permet de ne pas descendre trop vite. Devant moi, je vois régulièrement d’autres traileurs glisser sur des racines ou taper dans des pierres. Ma cheville menace quelques fois de faire une entorse (merci la chevillière proprioceptive). Je vais conserver une crainte en descente pour le reste de la course. Passage en 5h01, toujours ¾ d’heure d’avance sur les prévisions. Avec plus d’un tiers de la course, déjà un bon paquet de dénivelé et si je maintiens un bon rythme comme depuis le début, je me dis que je peux faire un temps bien inférieur à 15h (mon scénario optimiste) mais je me dis aussi que la course est encore bien longue et que je ne suis pas à l’abris d’un coups de moins bien plus tard.

      Pour une fois, quelques encablures de descente avant une nouvelle montée, grosse section avec du plat et des petites bosses sur le plateau. Il y a environ 23km pour atteindre le prochain ravitaillement ce qui fait râler ceux qui tombe à cours d’eau. Je n’ai pas ce problème car je bois relativement peu comparé aux recommandations et que la température reste très raisonnable. Passage au ravito de Saint-André-de-Vézines en 8h04 soit presque une heure d’avance. Tout fonctionne encore bien, je cours la majorité du temps et même dans les légers faux-plats.

      Cette fois, on reprend sur une petite descente sans trop forcer le rythme suivi d’une belle montée, nous sommes sur des bords de falaise avec le viaduc de Millau dans le fonds, signe que nous entamons sérieusement la deuxième moitié de course, les paysages sont superbes avec de belles couleurs d’automne. Je commence à un peu moins courir dans les faux-plats, l’effort commence à se durcir, et malgré l’ingestion régulière de barres énergétiques, je commence à avoir une vraie faim. C’est le moment de sortir le sandwich magique viande des grisons/comté qui permet de se faire plaisir et de se caler un peu. La descente sur le point d’eau de La Roque Sainte Marguerite commence augurer les prochaines difficultés dans les descentes. Habituellement, je suis assez à l’aise mais là la technique et la confiance commencent à pécher et mes quadriceps en pâtissent. Passage en 9h37, j’ai perdu près de 20 minutes de mon avance.

      Nouvelle montée, puis montée et descente jusqu’au ravitaillement de La Salvage qui va faire du bien. Les paysages sont toujours aussi beaux mais l’effort continue de se durcir même si j’avance encore correctement en ayant en tête de tenir le sub 15h.  Passage en 11h16, je perds encore 10 minutes de mon avance.

      Succession de montée et de descente jusqu’au point d’eau de Mas de bru. Je commence à avoir l’impression d’être un pachyderme en descente. Je cours avec un sympathique agriculteur du Tarn voisin qui connait bien le parcours et qui me met une pilule dans chaque descente mais je finis par rattraper à chaque ravitaillement/point d’eau car il discute avec sa famille. Passage en 12h37, mon avance continue de descendre mais je garde toujours 20 minutes de marge sur le sub 15h. Je n’ai aucune idée de mon avance, si bien que je me demande si je vais bien rentrer sous les 15h.

      La descente jusqu’à Massebiau sera très compliquée, je pensais que cela allait être un ravitaillement mais c’est un point d’eau alors je n’y reste que quelques secondes le temps de m’en rendre compte. Passage en 13h18, plus que 11 minutes d’avance.

      C’est maintenant la dernière grosse montée du parcours, environ 500m de dénivelé à se farcir après 96km de course. La montée est dure, technique et longue mais j’arrive encore à pousser correctement les jambes. Arrivé en haut, je relance péniblement mais j’arrive à trottiner correctement jusqu’au ravitaillement du Cade. Je commence à peiner à rester debout pendant que je mange. Passage en 14h01, j’ai réussi à conserver une avance de 13 minutes.

      La sortie du ravitaillement est très compliquée, obligé de marcher quelques centaines de mètres pour réchauffer la machine. Je commence à douter d’atteindre les moins de 15h. Néanmoins j’arrive encore à trottiner dans les faux-plats mais les descentes sont très compliquées. Magnifique vue sur  Millau. Les derniers kilomètres défilent à une vitesse très lente, un dernier pétard pour traverser une grotte puis une dernière descente terrible, pentue, pleine de racine et de roches. Je n’y crois plus pour les moins de 15h alors je m’arrête faire un petit pipi. Je commence à entendre le speaker, la descente commence à devenir propre et je me rends compte que l’arrivée est bien plus proche que ce que je ne pensais. Alors je jette mes dernières forces pour me jeter sous le proche d’arrivée en 14h59’44’’. Je peux laisser éclater ma joie avec mon compère agriculteur qui m’aura distancé dans les descentes après le dernier ravitaillement et que je retrouve encore l’aire d’arrivée.

      Nous allons prendre ensemble notre repas d’arrivée bien mérité. D’habitude, je dois attendre quelques heures que mon ventre se remette de ce genre de folie. Mais cette fois-ci, je n’ai pas eu la sensation de surcharger mon estomac et j’ai régulièrement faim sur la course sans avoir de manque d’énergie criant. Je vais pouvoir augmenter ce que je mange la prochaine fois. J’ai même encore constamment faim 4 jours après, au moment où j’écris ce compte rendu. Je dois être encore en état de déficit calorique.

      Encore une fois quel bonheur d’atteindre ses objectifs et de constater que l’on progresse encore en dépit d’avoir eu l’impression de stagner sur certaines séances. Un parcours absolument magnifique et sauvage, technique par certains endroits mais l’on peut beaucoup courir.

      Maintenant place au repos et à une bonne coupure d’un mois avant de s’y remettre pour passer sous les 3h au marathon et continuer d’augmenter la distance et le dénivelé sur mes prochains ultras.

       

    • #1746
      Chris
      • Nb réponses : 27

      Bien joué, ca va vite ! T’as cassé le buste pour passer sous les 15h

      « Passage en 1h38, je suis en avance de 42 minutes » Soit il a été fait à l’arrache ce roadbook soit t’as mis le cardio dans la boite à gant ! 😀

      • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois par Chris.
      • #1758
        Paul de Laage
        • Nb réponses : 19

        après c’est un roadbook uniquement basé sur une moyenne en Km effort donc soumis à ma méconnaissance du parcours (passage technique) et à ma tendance à être en avance en début de course et à finir un peu dans le dur

        Pour autant, j’étais très facile dans le ressenti (même si le cardio était un poil haut, environ 160 bpm) mais en fait il faut avoir l’impression de courir avec un frein à main

      • #1786
        Intendant du Trieves
        • Nb réponses : 9

        Je pense qu’il y avait un vrai souci au début sur le parcours parce que tout le monde avait une large avance au R1 ! Certains ont même eu des soucis d’assistance comme notre Duc !

    • #1755
      Petit Pedestre
      • Nb réponses : 85

      Bravo pour cette course avec un beau chrono et ton compte rendu est super. Ça donne envie d’aller courir ce magnifique parcours.

      Sinon, à part les bananes sur les ravitos et le fameux sandwich, tu manges quoi et tu bois quoi?

    • #1759
      Paul de Laage
      • Nb réponses : 19

      je consomme des barres baouw (ça manque quand même un peu de glucides) et des barres maison (patate douce/poudre d’amande/sucre complet/graine de chia). Au niveau hydratation, une flasque d’eau plate et l’autre de St Yorre. D’habitude, je mets de la malton mais là je n’en avais plus et je ne pouvais pas en acheté n’ayant plus accès à mon compte bancaire à cause de la casse de mon téléphone xD

      J’ai encore du boulot pour faire un vrai plan de ravitaillement et peut-être solliciter quelqu’un pour avoir une assistance

    • #1762
      hugo moisson
      • Nb réponses : 4

      Salut Paul, t’as fais les rois maudits dans ta prépa à ce que je vois, j’y étais aussi, le 27km 1100D+ pour ma part. 3 ème au scratch en 2H29. Si t’es du coin, au plaisir de se voir sur une course. Bravo pour ta course, compte rendu top.

    • #1765
      Petit Pedestre
      • Nb réponses : 85

      @Paul, je veux bien ta recette de barres à la patate douce. Comment fais tu pour que ça reste en forme?

      • #1776
        Paul de Laage
        • Nb réponses : 19

        je fais un peu au pif les quantités mais en gros je mets dans un saladier:

        – 200g de patate douce

        – 400g de poudre d’amande

        – 100g de sucre complet

        – 50g de graine de chia

        tu malaxe bien le tout, c’est l’huile qui va sortir de la poudre d’amande qui va agréger le tout, je mets en suite le tout dans des moules à financier, 24h au frigo pour que ça prenne, j’emballe dans du papier réutilisable et puis je mets au congèl pour en ressortir au fur et à mesure de mes besoins

    • #1769
      leducdesavoie
      Le Duc
      • Nb réponses : 148

      Le 1er ravito « Le Rozier » il nous manquait 2,5km et 100m+ ensuite toutes les distances ont été correctes 🙂

      • #1777
        Paul de Laage
        • Nb réponses : 19

        ça doit faire 15 minutes de différence chez moi

    • #2219
      comte et comtesse du 87
      • Nb réponses : 4

      Salut, merci pour ton CR il est top. Bravo aussi pour ton résultat. Sinon comme toi je me fais les sandwichs grison/comté et je voulais savoir quel pain tu utilises ?

      • #2222
        Paul de Laage
        • Nb réponses : 19

        j’utilise du pain suédois mais au final c’est une mauvaise idée car il se casse dans mon sac. Je vais passez sur du pain de mie complet la prochaine fois ou autre chose si qqn a une idée pertinente

        • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 semaine et 1 jour par Paul de Laage.
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